Le parc naturel régional des Baronnies provençales : 104 communes, une histoire de barons
Créé en 2015, le parc naturel régional des Baronnies provençales rassemble 104 communes de la Drôme et des Hautes-Alpes, dont Montfroc. Périmètre, missions, histoire féodale et villages perchés.
Un parc de 104 communes entre Drôme et Hautes-Alpes
Le parc naturel régional des Baronnies provençales est une structure jeune : il a été classé par décret du 26 janvier 2015, comme l’indique le parc dans la présentation de sa charte. Il se situe dans le sud-est de la France et couvre, sur son site officiel, 1 818 kilomètres carrés, sur deux départements : la Drôme, en région Auvergne-Rhône-Alpes, et les Hautes-Alpes, en région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Son siège administratif est à Sahune, dans la Drôme.
Le parc compte 104 communes classées et une commune associée, soit 105 communes en tout, un nombre que la page « Les communes » du site recoupe : le décompte des entrées de la liste donne bien 105. Il rassemble 35 855 habitants pour les communes et la commune associée, selon l’Insee (recensement 2019, chiffre publié par le parc), et 107 470 habitants si l’on ajoute ceux des villes-portes. Ces villes-portes sont au nombre de sept : Dieulefit, Grignan, Montélimar, Sisteron, Valréas, Vaison-la-Romaine et Veynes. Elles ne font pas partie du parc, mais elles y sont associées.
Cette particularité mérite un mot. Grignan, Montélimar et Sisteron, dont la page consacrée aux châteaux de Drôme provençale présente les monuments, ne sont donc pas des communes du parc mais ses villes-portes : elles en constituent l’entrée et le lien avec les villes voisines. Le parc précise d’ailleurs que le syndicat mixte qui le gère rassemble deux communautés de communes principales, celle des Baronnies en Drôme provençale et celle du Sisteronais-Buëch, ainsi que les conseils départementaux de la Drôme et des Hautes-Alpes et les conseils régionaux des deux régions.
Deux chiffres méritent une réserve. Wikipédia donne 1 506 kilomètres carrés pour la superficie, une donnée plus ancienne, et la page du parc écrit tantôt soixante parcs naturels régionaux en France, tantôt cinquante-neuf. Le magazine s’en tient donc aux seuls nombres cohérents : 104 communes plus une associée, 1 818 kilomètres carrés selon le parc.
L'église de Roussieux, commune de la Drôme provençale située dans le périmètre du parc des Baronnies. Photo : Derlito7, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Le mot « Baronnies » désigne en réalité plusieurs choses proches, qu’il vaut mieux distinguer. Il y a le parc naturel régional, structure de projet créée en 2015. Il y a la communauté de communes des Baronnies en Drôme provençale, l’une des deux intercommunalités principales du syndicat mixte du parc, à laquelle appartient Séderon. Il y a l’office de tourisme des Baronnies en Drôme provençale, qui édite le calendrier des marchés et des fêtes du sud de la Drôme. Il y a enfin le nom historique, hérité de la féodalité. Le parc lui-même le résume ainsi : la région doit son nom « à l’histoire humaine, au souvenir de la féodalité ».
L’échelle des communes donne une idée du territoire. Montfroc compte 100 habitants en 2023 et Séderon 237, d’après l’Insee, tandis que Montbrun-les-Bains en compte environ 442 et Buis-les-Baronnies environ 2 200, selon les données de l’API Géo, qui reprend l’Insee. Le parc rassemble donc surtout de très petites communes, où une association de bénévoles ou un conseil municipal de quelques personnes peut porter seul un projet de patrimoine. C’est l’un des ressorts de l’histoire de l’église Saint-Clair à Montfroc. Un site consacré au patrimoine drômois propose de son côté un guide des Baronnies drômoises, qui complète cette lecture par le bâti et les villages.
À quoi sert un parc naturel régional ?
Un parc naturel régional n’est ni un parc national, ni une réserve naturelle. C’est un territoire habité, reconnu pour la qualité de son patrimoine, qui s’engage dans une charte. Celle-ci, valable quinze ans, « a valeur de contrat moral » : le parc n’a pas de pouvoir réglementaire direct. Il fonctionne par l’accord des communes, des intercommunalités, des départements et des régions. Son classement, lui aussi, est établi pour quinze ans. Le parc se dit membre du réseau des parcs naturels régionaux français et « labellisé en 2015 ».
Cinq grandes missions lui sont assignées par le code de l’environnement : la protection et la mise en valeur des patrimoines culturels et paysagers ; l’aménagement du territoire ; l’amélioration du cadre et de la qualité de vie ; le développement économique et social ; l’accueil, l’éducation et l’information du public. Pour un village comme Montfroc, ces missions ne sont pas abstraites : c’est avec l’aide technique du parc, et celle de la Fondation du patrimoine, que la commune a pu monter le chantier de restauration de l’église Saint-Clair, comme le raconte le compte rendu d’une association patrimoniale voisine. Le journal détaille cette histoire dans son article sur l’église Saint-Clair.
Le parc met aussi en avant son terroir : il se dit reconnu pour ses appellations d’origine, ses indications géographiques et ses labels rouges, avec des productions emblématiques comme la lavande, le thym et le romarin. La page consacrée à la lavande et au terroir revient sur ces produits à l’échelle de la vallée du Jabron.
Le public peut rencontrer le parc à sa Maison, à Sahune, dans la Drôme, ouverte au public une partie de l’année et présentant une exposition sur la forêt. Les jours d’ouverture changent d’une saison à l’autre : le plus sûr est de consulter la page de la Maison du Parc sur le site officiel.
Montfroc et le Jabron dans le parc
Où se situe Montfroc dans cet ensemble ? La commune figure sur la liste officielle des communes du parc, entre Montferrand-la-Fare et Montguers, d’après la page « Les communes » du site du parc. La lecture directe de la liste officielle en fait foi.
L’Insee donne à Montfroc 100 habitants en 2023 et une densité de 6,8 habitants au kilomètre carré. La commune, drômoise, est rattachée à la communauté de communes Jabron Lure Vançon Durance, qui appartient au département des Alpes-de-Haute-Provence : c’est ce qui la distingue de ses voisines drômoises. Le village de Montfroc est présenté en détail sur une page dédiée.
La vallée du Jabron, elle, est un cas particulier. Un site local range Montfroc parmi les villages de « la vallée du Jabron dans les Baronnies provençales », aux côtés des Omergues, de Curel, de Châteauneuf-Miravail, de Saint-Vincent-sur-Jabron, de Noyers-sur-Jabron, de Valbelle et de Bevons. Cette appellation renvoie à une géographie culturelle, non au périmètre officiel du parc : seule Montfroc, parmi ces communes, figure sur la liste du parc, la plupart des autres relevant des Alpes-de-Haute-Provence. La page sur la vallée du Jabron détaille ces villages.
Une forteresse naturelle hérissée de châteaux
Le nom même des Baronnies vient de l’histoire. Le parc décrit la région comme une « forteresse naturelle hérissée de plusieurs dizaines de châteaux et de sites fortifiés », possédée au Moyen Âge par une famille élargie de barons indépendants « ne répondant qu’à l’autorité directe de l’Empereur ». L’autonomie des barons est perdue au début du XIVe siècle. Pendant les guerres de Religion du XVIe siècle, la région se transforme un temps en vaste bastion protestant.
Cette histoire éclaire des noms que l’on retrouve à Montfroc. Le dictionnaire topographique de Brun-Durand rappelle que la terre de Montfroc était un bien patrimonial des barons de Mévouillon, l’une de ces familles de barons, avant de passer par mariage aux Adhémar en 1247. La page sur l’histoire du château de Montfroc détaille cette succession.
La géologie explique enfin le relief. Le parc décrit la ligne mont Ventoux et montagne de Lure comme l’une des ondulations est-ouest issues de la phase pyrénéenne, il y a environ cinquante millions d’années, qui donnent encore aujourd’hui le ton aux montagnes des Baronnies. La montagne de Lure, qui domine la vallée du Jabron, fait donc partie du même système que le massif des Baronnies.
Séderon, le bourg voisin de Montfroc
Séderon est la commune drômoise la plus proche de Montfroc : le village se trouve à onze kilomètres à l’est de Séderon, selon Wikipédia. L’Insee y dénombre 237 habitants en 2023. Séderon est rattachée à la communauté de communes des Baronnies en Drôme provençale, et non à celle de Jabron Lure Vançon Durance, et fut le chef-lieu de canton avant mars 2015, selon les sources secondaires.
Le rendez-vous de la semaine est le marché du dimanche matin, décrit comme « le rendez-vous incontournable du dimanche matin » par le site de la vallée du Jabron. Le calendrier de l’office de tourisme des Baronnies en Drôme provençale le place toute l’année, le dimanche. Les produits cités par le site local sont les fruits et légumes, les fromages de chèvre, les volailles et les œufs, les farines biologiques, les miels, les huiles essentielles et les tisanes.
Séderon n’est pas riveraine du Jabron : elle se situe du côté ouest du col de la Pigière, le long de la haute vallée de la Méouge. Le col, qui culmine à 969 mètres d’altitude, relie la Méouge à la vallée du Jabron. Pour un habitant de Montfroc, Séderon est donc à la fois le bourg le plus proche par la carte et un village qu’il faut atteindre en franchissant la crête.
Trois villages des Baronnies
Le parc compte de nombreux villages de caractère. Le magazine en présente trois, choisis pour la diversité de leurs situations et vérifiés sur des sources officielles ; un article du journal approfondit le sujet : les villages perchés de Drôme provençale.
Montbrun-les-Bains est labellisé « l’un des plus beaux villages de France » et se présente avec « 16 fontaines et 1 station thermale ». Son château, en ruines, est une propriété privée que l’on ne voit que de l’extérieur, comme le détaille la page sur les châteaux de Drôme provençale. Le marché a lieu le samedi.
Buis-les-Baronnies, « niché dans un écrin de verdure au milieu des vergers d’oliviers, des tilleuls, des abricotiers et des vignes », s’étage de 319 à 1 080 mètres d’altitude, selon la commune. Un grand marché provençal se tient tous les mercredis matin en plein centre du village, et un petit marché de producteurs le samedi matin, place des Arcades. Nyons a son marché le jeudi ; elle conserve la tour Randonne, édifiée vers 1280 par la baronne de Montauban.
Le ciel des Baronnies
Le parc revendique aussi la qualité de son ciel nocturne. Il « travaille depuis plusieurs années à ce que sa voûte soit reconnue Réserve internationale de ciel étoilé », un label délivré par l’International Dark-Sky Association. Le bureau syndical a approuvé, en 2021, un calendrier et une méthode en vue de l’obtenir. Les sources consultées ne mentionnent aucune obtention : le magazine ne dit donc pas que le parc est une réserve de ciel étoilé, seulement qu’il en a fait un objectif.
Le parc reconnaît lui-même que le dossier de candidature est « exigeant » : ce type de label suppose, en général, de démontrer par des mesures la qualité du ciel et la maîtrise de l’éclairage public. Un site des parcs de France parle d’une « future » réserve internationale de ciel étoilé, ce qui confirme que le label n’est pas encore acquis.
Le parc est un territoire interrégional : son syndicat mixte réunit les conseils départementaux de la Drôme et des Hautes-Alpes, ainsi que les conseils régionaux d’Auvergne-Rhône-Alpes et de Provence-Alpes-Côte d’Azur. Le siège administratif est à Sahune, dans la Drôme, et la Maison du Parc y accueille le public une partie de l’année. Cette organisation à cheval sur deux régions fait du parc un territoire de frontières, ce qui convient à Montfroc, commune drômoise que l’on atteint par la Haute-Provence.
Pour situer les Baronnies sur une carte, on peut retenir quelques repères. Au nord, la Drôme provençale, avec Nyons et Buis-les-Baronnies. À l’est, les Hautes-Alpes. Au sud, la montagne de Lure et le mont Ventoux, dont la ligne, dans les mots du parc, « donne le ton » aux montagnes des Baronnies. Au sud-est, la vallée du Jabron, et derrière elle Sisteron, ville-porte du parc.
Ce magazine choisit d’aborder les Baronnies par leur extrémité sud-est, là où la Drôme touche la Haute-Provence. Le détour vaut le coup : on y mesure ce qu’a de particulier un parc qui rassemble des paysages de vignes et d’oliviers, des montagnes de calcaire et des villages d’une centaine d’habitants. Pour commencer, la page consacrée au village de Montfroc est la porte d’entrée naturelle.
Pour aller plus loin
Le site officiel du parc publie plusieurs pages utiles pour vérifier les informations de cette page.
La page de la charte explique la portée du « contrat moral » et sa durée.
La liste des communes permet de contrôler l’appartenance de chaque village.
Le parc a été classé par décret du 26 janvier 2015, d'après la page de la charte publiée par le parc. Son classement est établi pour quinze ans, et la charte, valable quinze ans, a la valeur d'un « contrat moral » : le parc n'a pas de pouvoir réglementaire direct.
Le parc compte « 104 communes classées + 1 commune associée », soit 105 communes au total. Le syndicat mixte réunit en outre sept villes-portes : Dieulefit, Grignan, Montélimar, Sisteron, Valréas, Vaison-la-Romaine et Veynes.
Oui. Montfroc figure sur la liste officielle des communes du parc, entre Montferrand-la-Fare et Montguers. Sa voisine Séderon y figure aussi. Ce n'est pas le cas de toutes les communes de la vallée du Jabron, la plupart relevant des Alpes-de-Haute-Provence.
Le parc annonce 1 818 km² sur son site officiel. Wikipédia indique 1 506 km², chiffre plus ancien : le magazine retient celui du parc. Il s'étend sur la Drôme (Auvergne-Rhône-Alpes) et les Hautes-Alpes (Provence-Alpes-Côte d'Azur).
Le code de l'environnement en définit cinq : protection et mise en valeur des patrimoines culturels et paysagers, aménagement du territoire, amélioration du cadre et de la qualité de vie, développement économique et social, accueil, éducation et information du public.
Pas à la date de la rédaction, d'après les sources consultées. Le parc travaille depuis plusieurs années à obtenir le label de réserve internationale de ciel étoilé, et son bureau syndical a approuvé en 2021 un calendrier et une méthode en vue de l'obtenir. Aucune année d'obtention n'a été trouvée.